Comment vivre avec l’effondrement ? – témoignages

Seul face à l'effondrement
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Comment vivre avec l’effondrement ? – témoignages

Question de départ (posée par L.) : « Hello, bon je viens avec mon baluchon de questions, je vais disséminer ça petit à petit, mais déjà … comment vous faites pour vivre avec ça ? Je suis anxieux de nature mais en vrai… c’est super dur. Des chiffres validés par plein de scientifiques qui vont tous dans le même sens et les gens qui s’entêtent dans des querelles futiles…. Alors qu’on va devoir changer de niveau de vie radicalement… voir pire. J’avoue, rester positif face à une menace insurmontable et dont la forme est quasiment aléatoire du fait de sa complexité et de ses facteurs … c est pas facile à appréhender alors comment vous faites ? vous trouvez comment des gens pour vous regrouper ? dans mon entourage proche ( travail, voisins… ) tout le monde est tellement absorbé par sa vie que c est même pas possible de discuter […] »

Voici les réponses apportées par les membres du discord :  

C. : « Dans les premiers temps après en avoir pris conscience, c’était difficile. Quelques nuits (beaucoup) blanches passées à voir, écouter, lire des infos sur l’Efondrement, beaucoup de recherches pour valider les infos, croiser les sources. Puis recherche de comment et où y surivre le mieux. Ensuite j’ai trouvé une invit’ sous une vidéo Youtube (Next) pour venir sur le discord Résilience et Transition. Dans mon entourage, comme toi et comme beaucoup de monde ici, pas ou peu de personnes réceptives. En y discutant ici, en trouvant des personnes qui ne sont pas dans le déni et qui tentent d’avancer, je me suis plus ou moins apaisé. Ce n’est pas l’extase tous les jours mais ça a clairement mieux. La préparation aide. Depuis que je me suis fixé un objectif à moyen terme, je suis suis plus serein. Je sais +/- où je dois/veux aller. 

K. : L’idée que le système actuel ne continuera pas et qu’on va enfin redevenir des êtres sociables, ça a du positif. L’idée de changer de vie maintenant pour monter une communauté basée sur la bienveillance, l’entraide et du coup avoir un meilleur cadre de vie est aussi intéressant en soi. Et ça aide pas mal à non seulement ne pas sombrer dans une dépression chronique, mais aussi à être excité par l’idée de fonder de meilleures bases pour notre avenir.Voire carrément reprendre en main notre avenir, ne plus aller vers un système qui n’a aucun sens, ne plus aller travailler tous les jours pour faire un travail que tu sais inutile voire nocif pour la population ou les écosystèmes. Pour ma part, je compte monter une communauté, et je pense que c’est l’idée qui me réjoui le plus, bien plus que mes diplômes inutiles, bien plus qu’un emploi dans une grande entreprise, bien plus qu’avoir un gros salaire pour me payer des esclaves qui iront me préparer ma nourriture. Ça me permet d’apprendre plein de choses sur plein de sujets pour devenir autonome, ça ouvre l’esprit. L: Ce qui me terrifie aussi c’est l’aléatoire, j’aime contrôler, c’est dur de lâcher ça. Quand on se dit  » c’est pas grave je vais aller m’enterrer dans un trou en campagne » et qu on voit 2 h plus tard  » c’est pas forcément la solution, on verra sans doute apparaitre de nouveaux parasites si l agricuture conventionnelle s arrete, a 10° de plus il n y aura plus rien qui pousse et les gens affamés deferleront peut etre aussi sur les seuls gens prévoyant » … bah … ok. Mais oui l’idée de retourner à la nature me réjouit, il faut juste que je continue dans la voie sur laquelle j’étais déjà et je suis sur que ça sera super. Les villes et le travail c’est un stress permanent ça ruine les gens K: La seule initiative que je pense intéressante c’est de créer des communautés résilientes. Seul c’est très compliqué de devenir autonome, à plusieurs ça peut devenir assez simple.Pas besoin de paniquer à ce sujet, faut juste s’y préparer maintenant. »

 C:depuis plusieurs années j'ai ce sentiment...-> Il me semble l’avoir lu autant de fois qu’il y a de membres qui en ont parlé (moi y compris). 

L: oui j’imagine bien qu on le voit beaucoup, mais d un coté c est salvateur… on se rend compte que cette par de mal être ne vient pas forcément de nous. C est un truc enfoui. Ca commence à peine a redescendre, j’ai regardé un rendez vous en terre inconnue et j’ai trouvé des gens à qui parler de potager ça ne va aller que mieux Je vais m’y employer Merci à vous deux pour ces paroles rassurantes en tout cas 

E.: Je pense qu’il y a un côté lâché prise nécessaire. Réfléchis à comment tu veux vivre, comment rendre ça résilient (donc susceptible de résister à moins de trucs genre thunes énergies etc..) et fais toi plaisir… Faut pas arrêter de vivre à l’idée que la vie peut s’arrêter ! 

L: Ce que je trouve aussi compliqué (oui tout est compliqué) c’est de laisser les gens mourir à grande échelle et estimer que l’on ne peut rien pour eux. Se concentrer sur la survie d’un petit groupe c’est super je ne dis pas le contraire hein. Mais tout de même. Etre impuissant face aux gens qui deviennent extremes, et ne vivent plus que dans la confrontation de l’autre, plus personne ne cherche à vraiment à rassembler. Les ennemis communs sont toujours les mêmes alors qu’il y en a un encore plus grand que tout le monde ignore….c’est incompréhensible pour moi ^^’ 

E: Même en se concentrant sur la survie d’un petit groupe je pense qu’on cherche à créer autant d’Oasis qui permettront d’accueillir un petit peu plus que prévu. L’échelle elle est aussi la pour être réalisable c’est la permaculture ça. Avancer doucement petit à petit, obtenir un résultat avant de voir plus grand. Les bases seront d’autant plus solides et on ira plus loin. Après on sait pas le temps qu’on a et ce qui pourra être fait mais s’épuiser à des trucs trop grand ça aide personne. Et puis le meilleur moyen de convaincre les gens c’est de montrer l’exemple.

Nous on se base déjà sur les précurseurs on invente pas grand chose on développe ce que des personnes isolées ici où là on imaginé. Il y aura d’autres gens après nous qui se lanceront quand tout le monde le fera aussi et les retardataires. Ils sont un peu plus mal barrés forcément mais pour qu’ils aient une chance faut que les 2eme montrent le boulot abattu pas les premiers. F: En fait le truc c’est qu’on ne pourra pas se sauver sans faire le max pour sauver les autres avant. Les gens ne vont pas se laisser crever de faim donc des masses de gens affamés autour de soi compromet notre propre survie.La courbe de transition va sans doute ressembler à celle de la majorité des innovations 

 L: Et vous estimez que l’on se trouve où ? E: Premiers adeptesClairement pas innovateurs et si majorité précoce vraiment au tout début
La preuve : tous ceux qui ont du mal avec leur entourage D: j’ai pas tout lu donc ça a peut être dit mais tu as vu la courbe ?  

  J: Vincent Mignerot expliquait dans une de ses dernières intervention que la courbe du deuil, à la quelle il adhérait au début, lui paraît finalement inapropriée.En fait, il explique qu’il s’agit d’une forme d’injonction paradoxale qui crée une sidération. On ne peut pas faire le deuil de quelque chose qui est toujours là et qu’on côtoie tous les jours. Donc on fait du yoyo sans cesse car le deuil n’est pas possible. C’est probablement pour ça que le processus est très difficile.Un deuil, cela finit par passer.Dans notre cas, on s’enfonce et il n’y a pas de sortieVision pas très réjouissante, mais qui demande réflexion D: ah oui en effet ça me dit quelque chose ça !mais une fois n’est pas coutume je trouvais V.M à coté de la plaque.En effet on ne peut pas faire le deuil de l’effondrement parce qu’il n’a pas eu lieu. Par contre on peut faire le deuil (et on le fait) du futur qu’on a imaginé pour nous ou pour nos enfants. On peut faire le deuil de certaines de nos esperances ou même certaines de nos inquiètudes. On peut faire le deuil de certains de nos projets vu que pour beaucoup on adapte nos projets à la perspective de l’eventualité de l’effondrement. Etc….C’est pas une courbe du deuil de la fin du mondec’est une courbe du deuil des futurs possibles….Attention je ne dis pas qu’on a PAS de futur ! je dis juste que chacun, ici, dans notre conscience de l’effondrement, on imagine un futur different et on fait, pour certains, le deuil d’un futur qu’on a pu imaginer … L: Pour être passé par un épisode dépressif, tu t’enfonce et tu traverse ce même cercle. J’en avais pas mal parlé avec la psy. Le problème vient pas forcément de ce que tu vis,. Changer ça peut aider c’est certain. Mais ça ne fait pas tout. Faut réussir à se remettre en action et à trouver du positif dans ce que l’on fait. J: Le crédo de pas mal d’Adrastiens, c’est qu’avant l’action (de fuite), il faut changer intérieurement (accepter le monde tel qu’il est, adopter une attitude « boudhiste » par rapport à la souffrance) puis se mettre en action (de lutte).

En gros hein…
Le point de vue boudhiste (dans ma tête) c’est que la souffrance ne vient pas de ce qu’on vit.
Mais de ce qu’on espérait vivre et qu’on ne vit pas.

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