Rénovation : Coulisses d’un rêve humide.

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Rénovation : Coulisses d’un rêve humide.

Métro, boulot, dodo. Pendant 5 ans. Puis, un jour, ce n’est juste plus possible. J’ai résumé mais concrètement, c’était l’étincelle qui m’a poussé à passer à l’action. Grâce à de petites économies, moi et ma compagne nous décidons de franchir le premier pas vers notre émancipation. On achète donc une maison à rénover de 55m² avec son terrain de 500m² dans les monts du Forez. Aucune isolation, pas de chauffage, encore moins de double vitrage, le tout perché à 800m d’altitude. Qu’importe ! Le vin nous réchauffera ! Ou pas… Suivez les péripéties d’un couple militant dans les coulisses d’un rêve humide pour s’émanciper du système et rejoignez nous sur R&T !

Les paysages grandioses, ça change du bitume.

On fait nos valises et nous voila avec notre gros chien dans une petite maison en chantier, perchée au milieu de nulle part. C’est donc parti pour l’aventure ! Aucune boulangerie, banque ou commerce à moins de 15 kilomètres, mais la vue est magnifique. La liberté semble nous tendre les bras, le ciel nous émerveille chaque soir. On respire, on se promène, on vibre. L’euphorie totale. Mais on à du taff. Qu’est ce que la rénovation ? Si on regarde dans le dictionnaire, c’est : « l’action de remettre à neuf par de profondes transformations ». Visiblement ça sera plus complexe que de monter un meuble suédois. On peut alors se demander comment un couple de trentenaires urbains va réussir dans cette épreuve ? J’aborderai ici notre arrivé, nos premières difficultés, nos erreurs et nos réussites, puis l’ouverture sera faite sur les prochaines étapes, la rénovation étant en cours. N’oublie jamais tes rêves. Bonne lecture !

État des lieux.

Il s’agit d’une maison datant de 1850, qui appartenait à une dame âgée dont c’était la résidence secondaire. Elle ne venait que pendant l’été, on comprendra plus tard pourquoi. Comme je l’ai évoqué : pas d’isolation, pas de double vitrage, pas de chauffage ni de VMC, un plafond en polystyrène, une charpente vermoulue, un plancher pas droit et un style qui semble avoir été figé dans le temps. La maison est élevée sur une cave semi-enterrée. On dispose tout de même d’un puits et de l’électricité dans la maison. Puis surtout, on a un très beau terrain, sur lequel on s’imagine déjà cultiver et construire un poulailler.

Le décor est planté. Nous avons dormi sur un matelas à même le bitume pendant 6 mois…

C’est facile de vivre à la montagne en été. Mais ça ne dure pas. On pose nos valises, et même pas le temps de se remettre de la douille du notaire (10%) que l’hiver arrive. Les conditions se dégradent et il fait rapidement en moyenne 8C° dans la maison. Le taux d’humidité augmente jusqu’à condenser l’eau sur les fenêtres et dessiner des champignons sur la charpente. On commence à moins faire les malins parce que l’hiver approche et l’ampleur des travaux nous semble titanesque.

Priorité absolue : la chambre.

On classe souvent les besoins vitaux de l’homme selon les 14 besoins de Virginia Henderson : dormir, se reposer, maintenir son corps dans une température acceptable. Ce genre de choses incompatibles avec le fait de dormir sur un matelas humide et froid à même le sol. Vous voyez ou je veux en venir ? La chambre est une pièce essentielle et de petite surface, c’est donc ici que nous commençons notre rénovation. Ça sera notre « bunker de survie ». Première étape : isoler le plafond ! Pour se faire nous avons choisi d’utiliser de la laine de bois. Écolo, sain et bon isolant phonique : c’est parfait pour une chambre.

Ça parait simple comme ça, mais est ce que tu t’es déjà pris un pavé de laine de bois dans la tronche ?

La laine de bois est un matériau de qualité. Elle est écologique mais c’est également un excellent isolant. Gardez à l’esprit que ça peut bruler, donc il faut éviter de l’utiliser au dessus d’un système de chauffage. Toujours est-il que j’ai bourré ça entre les chevrons et que ça a fait une véritable différence. Ce n’était pas bien compliqué mais encombrant et surtout c’est une véritable saloperie à réspirer. Pensez aux masques et aux lunettes. On passe à la suite : la création d’un bardage de liteaux pour supporter les isolants.

De toute beauté. Attention à régler doucement le couple de la visseuse : sinon ça pète et ça reste coincé dans la charpente !

Les isolants étant solidement fixés au plafond, on passe à la suite : l’isolation des murs. Théoriquement il y a une technique à respecter : il faut d’abord piquer les enduits des murs, poser des enduits adaptés et préparer une armature métallique qui sera solidement fixée au sol, au plafond et aux murs. Sauf que nous, on est des novices. Du coups on à préféré tartiner les murs de mortier adhésif (ne faites surtout pas ça). J’ai honte mais bon, c’est aussi ça apprendre : faire des erreurs. Donc à partir de ce moment dans l’article, tout ce que je vais faire sera à défaire par la suite..

Après tout, dans « bricolage » : il y a « collage ».

La vous allez commencer à me juger. Une fois les murs beurrés d’adhésif nous avons isolé avec des plaques de polyuréthane. C’est chimique. Clairement : c’est à éviter. Mais c’est aussi l’isolant le plus fin et le plus efficace et on avait très peu de place. En fait si on avait auparavant utilisé une armature métallique on aurait pu continuer à isoler avec de la laine de bois. Mais comme on avait déjà merdé, il fallait terminer le massacre le chantier. J’avais complétement sous estimé les conséquences de ce choix. Utiliser des matériaux chimiques empêche les murs de pouvoir perspirer (éliminer l’humidité). Mais ça, à ce moment la, je l’ignorais.

C’est le moment ou pour « survivre », on à commencé à faire n’importe quoi.

On fait une pause avec les murs, et on termine le plafond pour se remotiver. On va pouvoir profiter du bardage en liteaux pour fixer un plafond en lambris. J’ai détesté cette étape. Déjà parce que le lambris que j’avais acheté était en mauvais état, que même si ça reste abordable ça m’avait ruiné. En plus j’avais mis trop de pression entre les différentes rangées. Je n’en pouvais plus, j’étais irritable au possible. J’ai beaucoup trop forcé (sur l’alcool comme sur le lambris). Du coups ça à gondolé, c’est vraiment du travail d’amateur. Il aurait fallu commencer par fixer une première rangée proprement, puis continuer sans forcer, calmement.

Franchement avec le recul, c’était pas si raté.

Le plafond étant maintenant terminé, on s’attaque tranquillement au sol. Une dalle béton, rafistolée de partout, pas droite. Bref, on décide de faire un ragréage (un aplanissement d’une surface avec un enduit). Ça coute tellement cher, qu’on achète seulement un sac de 40kg pour cette chambre, qui fait environ 10m². Bien évidemment, ce n’était pas suffisant.

Ça aura tout de même servi à gommer quelques aspérités.

Une fois l’enduit séché, on a posé un filtre vapeur par dessus. Dans l’idée c’était pas idiot, mais c’était fuir le problème. En fait au lieu de s’attaquer à la cause de l’humidité, on a cherché à s’isoler d’elle. La perspiration des murs est un phénomène important, surtout dans les vielles maisons. C’est pour cela qu’il ne faut pas utiliser n’importe quels matériaux, car cela « étouffe » les murs. Sans cela, la maison pourrie : littéralement.

Pose du filtre par vapeur et du scotch isolant. Ma-gni-fayque.

A ce moment la on en pouvait plus. C’est pas que les travaux, c’est le fait d’être toujours dans l’humidité, dans le froid. On avait rien pour se chauffer, les portes claquaient avec les courants d’air, il faisait 8C° dans la maison. On dormait mal, presque pas. Au bout d’un moment j’ai réalisé que le confort c’était vraiment un luxe, et ça me manquait. Le moral commençait vraiment à flancher, il fallait absolument terminer cette foutue chambre. Généralement on commençait tôt le matin et on terminait dans la nuit complétement dégueulasses, exténués et parfois bourrés.

Finir ce qu’on à commencé.

On serre les dents et on continue (à faire n’importe quoi). Nous arrivons à la pose des plaques de plâtre. Théoriquement, il faut les fixer aux montants utilisés auparavant. Mais comme, vous l’aurez compris, nous sommes des originaux, on en a pas posé. On va donc continuer a beurrer joyeusement les murs de mortier adhésif et on reviendra pleurer après quand on aura réalisé qu’on a transformé notre chambre en aquarium.

Ceci dit : un très bel aquarium, il faut bien le reconnaitre.

Pour terminer, nous allons poser un parquet flottant. Les découpes seront faites manuellement, à la scie. Quelques bouts de doigts seront intégrés à la structure pour imprégner l’œuvre de l’âme de l’artiste. Les lattes de parquet seront imbriquées entre elles à grands coups de chaussons-lapins par ma compagne.

Bloup, bloup. Poisson téléphone maison.

Voici aujourd’hui la chambre dans laquelle on dort. On doit encore poncer, peindre et faire diverses finitions. Mais c’est déjà beaucoup mieux qu’au début. Çà nous permet de nous reposer et de dormir, donc de mieux pouvoir aborder les travaux futurs.

La fin de l’histoire.

Spoiler : ce n’est pas la fin.

Cher(e)s lectrices et lecteurs assidu(e)s, le combat continue aujourd’hui. Nous allons donc entreprendre en 2021 :

  • La réalisation d’une tranchée sur toute la longueur de la maison.
  • La refonte totale des enduits de tous les murs.
  • La pose de drains et l’assainissement de l’humidité.
  • On va également poser du double vitrage .
  • L’installation d’une VMC.
  • La pose d’isolant au plafond de la cave qui est en dessous.
  • La refonte et l’isolation de la charpente de la maison.

Puis, en 2022 il nous restera :

  • La destruction et la refonte d’un plancher usé.
  • La rénovation des enduits murs.
  • La rénovation de la salle de bain.
  • La création d’une dalle de chaux propre dans la cave.

Surprise ! Pour ce dernier point, un chantier participatif R&T pourrait être envisagé. Il se pourrait donc que dans un futur plus ou moins proche nous nous retrouvions tous ensemble ici pour boire des bières et partager nos savoirs et nos compétences, le tout dans une cave humide et froide à poser de la chaux. Wonderful, n’est-il pas ?

Merci à ma « famille virtuelle » : Kalojira, Nnm, Damien, Sofi, DjinN, Dju, Axire, PinkAshes, Reumy, Tangz, Kazadrim, Eldes, Dario, Ninelives, Vladlerouge, LaMandolive, Stork, Eguel, Eagle, Máághø, Memet, Mélu, Lau, Meukhey, ZarMoT, Feuilla, Arnaud, Jojo, Ashwolf, Le Vincent et à toute l’équipe de R&T ! Vous m’aidez à tenir et à me battre. Prenez soin de vous et merci d’être présent(e)s !

Merci pour votre intérêt, la suite au prochain épisode !

To be continued.

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